Les infos sonores du Festival

Comme raconté et promis dans le billet précédent à propos des six fictions sonores produites pour le festival de l’Imaginaire du Pays d’Aix, je reviens aujourd’hui sur l’autre série ; les « Pastilles Informatives ».

Les aventures du B.E.I. : les pastilles infos du festival

Beaucoup moins longues ou complexes (en apparence) que les fictions sonores, j’ai eu la charge de créer en compagnie de Thierry Jullien de courts formats dont le but était de distiller les informations sur le déroulé de la journée du festival ; quels auteurs de romans ou de bandes dessinées seront présents, quelles activités pourront découvrir les visiteurs, quels spectacles seront proposés.

Comme l’alchimie a fonctionné entre le médiathécaire et moi1, nous avons convenu d’un format original pour diffuser les infos nécessaires. Nous avons imaginé les dialogues entre deux employés d’une entreprise fictive, le Bureau des Événements Imaginaires qui serait chargé d’organiser le festival lui-même. Cela donne l’occasion, au travers de réception de stocks de livres, de coups de téléphones et de visites impromptues, de communiquer les informations nécessaires.

Extrait du script final

Nous avons donc découpé le script en six épisodes2, chacun abordant un thème :

  • Épisode 1 : une présentation générale du festival
  • Épisode 2 : les stands et expositions
  • Épisode 3 : les auteurs dans une première partie
  • Épisode 4 : la suite des auteurs invités
  • Épisode 5 : les auteurs de bandes dessinées
  • Épisode 6 : les cosplays et conclusions

L’écriture s’est faite à deux mains, dans l’espace de deux demi-journées. L’idée qui s’est imposée a été de trouver un gag-teaser concluant chaque épisode, dont l’explication est donnée en ouverture de l’épisode suivant, et qui se trouve être en lien avec la thématique abordée. Cela nous a permis de créer un liant, une cohérence scénaristique entre chaque épisode.

L’enregistrement s’est fait le 5 juillet, et s’est déroulé très rapidement, étant donné que nous n’étions que deux à donner de la voix (contrairement aux fictions qui ont sollicité six personnes devant le micro).

Une troisième voix se fait pourtant entendre dans l’épisode 5 sur les auteurs de B.D. en la personne du Commis des Comics, invité sur le festival et qui a bien voulu participer exceptionnellement et amicalement.

Il y a également la présence, à la fin de l’épisode 3 du Grand Cthulhu lui-même. Et là, j’avoue que j’ai eu un moment de doute.

Lorsque nous avons écrit cet épisode, nous nous sommes bien amusés à imaginer cette déité fantasmagorique venir réclamer une dédicace à l’un des auteurs invités. Or, lorsque j’ai attaqué le montage de l’épisode, je me suis demandé comment incarner la voix du monstre.

Parfois, les astres s’alignent parfaitement.

Le jour du montage de cet épisode, le temps était à l’orage, et le tonnerre a grondé durant une bonne partie de la journée. Un de nos chiens, un gros pépère à l’âge avancé n’aime pas du tout ça, et est venu se blottir3 contre moi, coincé entre mon fauteuil, une bibliothèque et le bureau. Et, comme il faisait semblant de dormir, mais que rien n’allait, il le faisait savoir en gémissements gutturaux et graves.

Je me suis précipité sur mon Zoom H5 et j’ai commencé à l’enregistrer tant bien que mal. Après de longues minutes, j’ai réussi à réunir assez de matière, 5 à 6 gémissements plus ou moins longs et modulés. J’avais la base de mon Grand Ancien. Ne restait plus qu’à le truquer un peu pour le rendre encore plus volumineux et monstrueux.

Comme pour les fictions, les livrables nécessitaient des versions vidéos. Contrairement à l’autre série, j’ai tenté de rester au plus près de ce que nous avions établi.

À l’origine, nous voulions créer une interface de jeu d’aventure en pixelarts. Dans les ¾ haut de l’écran, nous aurions vu les photos des personnes et activités proposées, et dans le ¼ bas, le portrait des deux organisateurs fictifs et la retranscription de leurs dialogues.

Devant le planning étroit que j’avais à ce moment-là, j’ai décidé de garder le concept, mais de simplifier la réalisation graphique. M’inspirant des visual novels réalisées –entre autres– avec des outils comme Ren’Py, j’ai créé une image de fond suggérant un vaste espace encombré de caisses et de cartons, et, en place de l’interface de jeu 8-bits, un simple bandeau noir en opacité réduite sert de support aux textes des dialogues qui se trouvent encadrés par les portraits des personnages, joliment réalisés par Thierry Jullien.

La gageure de faire apparaître trois personnages quand ça n’est pas prévu…

   
L’avatar de Thierry Jullien L’avatar de Vincent Corlaix
   

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, l’essentiel de la composition graphique et des animations ne se sont pas faits avec mon cher After Effects, mais directement sous Premiere Pro. Après quelques tests, j’ai jugé que les animations (très récurrentes) des Polaroïds et des visages des deux intervenants étaient plus simples à faire dans Premiere que dans AfX. Bien entendu, l’animation d’ouverture et de fermeture4 des portes de l’ascenseur sont, elles, animées dans After.

Exemple de montage dans _Premiere Pro_

En outre, la fonction de retranscription audio et la création de sous-titres fonctionnent si bien dans Premiere Pro, que d’afficher les dialogues des personnages à l’écran ne prend que quelques minutes. Une fois qu’une des pastilles a été terminée et validée, répéter le processus sur une base déjà établie5 m’a ainsi fait gagner beaucoup de temps.

À l’heure où j’écris ce billet, deux pastilles infos seront en ligne. Le reste arrivera à raison d’un clip par semaine, chaque vendredi à 16 heures6. Pour les découvrir, suivez l’un des canaux de distribution suivants :

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Il est également possible, en cherchant « Geek Family & Autres Mondes » dans votre application de podcast favorite, de s’y abonner.

Bonne écoute, bon visionnage, et au plaisir de vous croiser le 15 octobre prochain à Saint-Cannat, où je serai toute la journée !


  1. Rappel : il est à la fois productif et dangereux de faire collaborer deux geeks. 

  2. Ce qui, en outre, simplifiait le calendrier de diffusion conjointement avec les fictions. 

  3. Geste difficile parce qu’il a la carrure d’un demi-poney. 

  4. Au propre comme au figuré. 

  5. On appelle ça templatiser dans les milieux autorisés. 

  6. Et chaque mercredi pour les fictions.