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18e sem. – 122-244 – Fête du Travail
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Lever 6h33, coucher 21h02 –
Gibbeuse croissante Chaque année, c’était la même chose, râlait le Travail. C’était sa fête, mais personne ne venait au bureau pour la lui souhaiter.
Anthony Boulanger
Un jour, les vendeurs de muguets se mirent en grève afin de participer à l’inactivité générale. À gauche comme à droite, on condamna cet acte jugé immoral et antirépublicain. Pensez donc ! Plus d’esclave vendeur à la sauvette au coin des rues pour dépanner l’amoureux distrait d’un joli bouquet de clochettes blanches.
— Hé, les amoureux, ils se rattrapent à la Saint-Valentin, protesta le SVM (Syndicat des Vendeurs de Muguets). Avouez que vot’ fête du travail, c’est surtout pour vot’ pomme à vous, car ça reste un jour comme un autre pour nous.
On fit alors intervenir le SVFO (Syndicat des Vendeurs de Fouets en Ortie) pour remettre tout ce beau monde dans le droit chemin du labeur.
Nelly Chadour
Pour la Fête du Travail, je me permets de ne rien écrire aujourd’hui. Et comme il s’agit d’une fête d’origine communiste, je laisse mes camarades auteurs faire le leur, et je partagerai leur gloire et leurs louanges.
Vincent Corlaix
« En mai, fais ce qu’il te plaît », dit-on. On peut y voir une réponse à un autre dicton, qui nous conseille de bien nous couvrir : « En avril, ne te découvre pas d’un fil ». Le premier jour de mai, du fait de sa proximité avec avril, inviterait cependant à la prudence pour éviter un coup de froid. Pas de travail ce jour-là sous prétexte de fête du… travail, justement. On reste chez soi, bien au chaud, bien à l’abri sous son toit. C’est un jour chaumé.
Jacques Fuentealba
« Les derniers grands 1er maius auxquels j’ai assisté ? Que je réfléchisse… Ah, oui. Les XIXe et XXe siècles seront particulièrement marquants.
L’abolition de l’esclavage en l’an 1834 dans la nouvelle Londinium. Moment mémorable. En l’an 1916, le « jazz » naîtra (une musique assez indigeste de prime abord), mais surtout, le plus haut temple jamais érigé par l’homme sera inauguré le 1er maius 1931 : l’Empire State Building, colossale tour de Babel moderne de style barbare dont le pinacle se perdra dans les cieux. […]
Mon périple s’est terminé le 1er maius 2012, à un carrefour de l’Histoire, semble-t-il, lors d’immenses « rassemblements » dans la nouvelle Lutèce.
Mais comme vous le savez, je n’ai malheureusement pas pu m’enfoncer plus avant dans le futur (mon temps était écoulé), car j’ai atteint mon seuil de tolérance temporelle maximal. En tout cas, le déchaînement de violence auquel j’ai assisté et le fanatisme qui s’est emparé des foules ne me laissent rien présager de bon par-delà ce point… »
Extraits du témoignage d’un chrononycthémèronaute.
Luc Kenoufi
