Suite à la demande expresse de moi-même, je me décide pour faire plaisir à mes petits lecteurs à dévoiler l'envers du décors de la série "F9". La série est née sur invitation de Julien Larzillière, le webmestre du site eeepc-logiciels.com qui héberge les strips. J'ai à l'origine accepté de jouer le jeu tout simplement parce que j'y voyais une opportunité de me donner un challenge : s'obliger à trouver un gag et le mettre en image en l'espace d'une semaine (en comptant le "vrai" travail en plus...)
Pour le moment, la série suit son court avec le 8ème strip qui va ici même vous montrer sa genèse. Allons-y !
Lorsqu'enfin je suis satisfait d'une idée, la toute première étape consiste naturellement à se ruer sur un papier et griffonner le storyboard du gag; disposition des cases, des personnages, les valeurs de plans etc... et surtout le dialogue.
Comme vous pouvez le constater si vous connaissez déjà le strip en question, les choses peuvent changer entre cette pré-version et la version finale ; par exemple la disposition des personnages dans la case 1 ou la case 2 qui va se retrouver inversée.
Une fois sous les yeux une idée déjà précise de l'allure générale du strip, je passe au travail proprement dit. Armé d'un bon critérium (un Faber-Castell à pointe 0,5 et mines B) et d'un papier suffisamment solide pour supporter du crayonné et du gommage intensif, j'attaque la planche. Je commence par tracer mes cadres approximatifs, pour avoir une idée correcte des proportions de chacune des cases les unes par rapport aux autres. Ensuite, je commence à dessiner les éléments case par case.
Déjà, par rapport au storyboard les différences notées plus haut sont déjà en place, tout simplement parce que ce premier tracé, outre le fait de proportionner correctement les personnages et éléments, me permet de voir si ma mise en case fonctionnera. Si elle ne fonctionne pas, ça me conduit à effectuer les corrections déjà décrites. Lorsqu'enfin je suis arrivé au bout et que chaque case me plaît, je passe à la ...
Le second tracé consiste à dessiner les détails par dessus du premier tracé qui sert de guide.
Cette étape est naturellement bien plus longue que la précédente, mais elle est également plus gratifiante; on voit vraiment naître les personnages à ce moment-ci.
Cette étape se déroule de la manière expliquée ici que depuis le strip n°7 ("La folie des grandeurs"). Auparavant, je travaillais de manière plus traditionnelle; c'est à dire que l'encrage se faisait sur la feuille à l'aide de deux pointes Rötring (.40 et .60). Une fois le dessin fait et l'encre sèche, je gommais tout et scannais le résultat. Malheureusement, la médiocrité de mon scanner rendraiit le tracé assez moche et trop contrasté, donnant au résultat un aspect hachuré qu'il était long et pénible de corriger dans Photoshop.
Je me suis donc décidé à changer de technique, passant de l'encrage "réel" au "virtuel". Pour cela, la première étape consiste à scanner le crayonné final.
Une fois ceci fait, j'importe l'image scannée en haute résolution dans Flash. L'image importée au format bitmap est placée sur le premier calque. Je crée ensuite autant de calques que de case, puis je redimensionne le document pour qu'il s'adapte à la taille de l'image scannée. Ensuite, je me saisis de ma fidèle Wacom A4 et je commence l'encrage, me servant en fait du crayonné comme d'un modèle.
Enfin,lorsque tout est encré et vérifié, je supprime le calque portant l'image scannée (Flash possède une grosse différence avec Photoshop et autres; un calque masqué dans Flash sera exporté comme s'il était visible :) et j'exporte le strip encré au format PNG, format idéal car relativement léger et permettant de conserver la transparence.
Une fois notre encrage exporté sous forme de PNG, je l'ouvre dans Photoshop. Je glisse en dessous un calque de remplissage blanc et un autre calque vide que je nomme "couleurs". Il m'arrive fréquemment d'ouvrir à côté (vive le double-écran) un ancien strip qui va me servir de référence de couleurs.
Dans l'ordre, je place les couleurs en aplat, en partant des éléments les plus éloignés puis les plus proches. Ensuite je place les ombrages en utilisant un calque en mode obscurcir à 30% d'opacité (selon l'ambiance cela peut varier entre 25 et 35%).
Voici un aperçu très vif de cette étape; un condensé de 2 heures de travail en 2 minutes :
Toujours dans Photoshop, j'ajoute les cases en utilisant un calque de remplissage dans lequel je pratique des découpes et je fixe un contours noir. Ensuite je crée un dégradé que je place à différentes échelles en fond et enfin j'ajoute les textes et les bulles.
Enfin, j'ouvre la maquette de la case-titre dans laquelle je change le titre avant de le placer en tête du strip. Et puis, naturellement, je place ma signature quelque part dans la dernière case. Il ne me reste plus qu'à exporter les versions exploitables au format JPEG et les transmettre à Julien.