En décembre 2007, monsieur Jean-Claude M. de Rueil Malmaison (92), grand amateur de décoration de Noël, avait décidé de mettre le paquet. Guirlandes lumineuses clignotantes, variateurs de motifs de clignotement, spots multicolores mobiles, père noël en plastique à éclairages interne, faux feux dans le jardin, le tout éclairé 24 heures sur 24, son pavillon Bouig était un vrai feu d’artifice.
Si les voisins trouvèrent dans cette débauche de lumière un sujet de récrimination, les extraterrestres en orbite, eux, pensèrent avoir été contactés par une forme de vie intelligente.
Lorsqu’ils se posèrent dans le jardin, le réveillon battait son plein et le champagne avait coulé à flot. Après un passage de scanner en direction de la maison d’où venait le signal, les visiteurs se rendirent à l’évidence qu’il n’existait en fait aucune forme de vie intelligente dans le secteur.
Ils repartirent déçus, en promettant de se saouler un bon coup pour oublier leur déconvenue.
Archives de la catégorie : Spicilège
Particule n°84
Particule n°83
Les gens sont actuellement ébahis par les progrès de la robotique; devant ces humanoïdes mécaniques qui sont capables de quelques peu maladroits et lourdauds, de ceux qui imitent avec une douceur toute mécanique les mouvements et expressions humaines. L’ironie est que les robots, ou plus exactement les cyborgs sont parmi nous depuis longtemps. Ils ont été mis au point il y a des décennies et vivent une vie tranquille au milieu des humains normaux qui, comme d’habitude, ne se doutent de rien.
Alors pourquoi les progrès de la robotique sont-ils si lents ? Peut-être parce que les cyborgs qui les ont inventés sont moins doués que leurs créateurs.
Particule n° 82
Si on a beaucoup parlé d’ovni et de visites extra-terrestres dans les années 70-90, et si on n’en parle quasiment plus du tout de nos jours, il existe une très bonne raison à cela. Nos charmants visiteurs d’outre-espace ont tout simplement été écœurés par notre
façon d’agir envers notre planète et, au même titre qu’un vacancier refuse de revenir dans un camping dont les sanitaires sont malpropres, nos plaisanciers de l’espace sont allés voir si la concurrence était de meilleure tenue. Histoire d’emporter avec eux un petit souvenir écologique, ils avaient d’ailleurs songé à kidnapper Al Gore lors de leur dernier passage, mais celui-ci conservant l’habitude d’utiliser une voiture à essence, ils ont jugé que finalement il ne valait pas mieux que les autres.
Particule n° 81
Dans les années 70, Carlos M., citoyen espagnol vivant à Garlitos, village perdu d’Extremadura, possédait une veste très pratique. En effet ses clés se trouvaient systématiquement dans la poche intérieure gauche, même s’il les avait rangées dans la poche de son pantalon, dans un tiroir de sa cuisine ou dans le bac à légumes de son frigo.
Distrait pathologique, Carlos M. attribuait la présence immuable de ses clés dans cette poche précise à des automatismes dus à son sens de l’organisation. La veste miraculeuse disparut avec son propriétaire le jour où Carlos tenta de récupérer le cure-pipe qu’il avait fait tomber dans le réservoir d’essence de sa voiture avec un allume gaz.
Particule n°79
Un être tentaculaire d’une taille colossale puisqu’il recouvre la quasi-totalité des terres émergées, existe depuis la nuit des temps, bien avant même l’apparition de l’homme sur Terre. Il a suivi et survécu à toutes les péripéties que ce dernier s’est infligé à lui-même ainsi qu’à son écosystème, et sans aucun doute il lui survivra facilement. Cet être, placide et pacifique, tente également d’entrer en contact avec les humains depuis un temps immémorial, mais à chaque fois cela se termine de la même manière : par une bonne fricassée de champignons.
Particule n°78
On dit que Newton fit 2000 tentatives pour inventer l’ampoule à incandescence. On le cite même ainsi : « J’ai trouvé 2000 façons de ne pas faire une ampoule qui marche. » En 1829, Wilbur Von Hackermann trouva instantanément la seule façon de faire un téléporteur de matière. A sa grande et courte surprise, il fut téléporté par son invention à l’autre bout du bras de la galaxie, où il mourru en une fraction de seconde d’une violente dépressurisation général de son corps. Sa surprise était double, puis qu’il ne s’attendait manifestement pas que son prototype d’autocuiseur puisse avoir un tel comportement.
Particule n°77
Entre 1634 et 1958, quatre hectares de magnifiques arbres géants poussèrent de concert en plein cœur de la forêt brésilienne de manière à former une imitation saisissante de la cathédrale Notre-Dame. Les circonvolutions de la pousse naturelles défirent cette imitation au début des années 60, et le secteur finit par être rasé dans les années 80. Le fait qu’une population entière de macaques vivant au même endroit était capable de crier une saisissante imitation de chants liturgiques ne peut être considéré que comme une pure coïncidence.
Particule n°75
En 1986 ans la banlieue du Kremlin-Bicètre, un tag a attiré l’attention des grapheurs locaux durant quelques semaines. Les grapheurs de tags fonctionnent un peu sous la forme de corporation; tous le monde se connaît et les signatures que forment les tags servent aux grapheurs pour se reconnaîtrent entre eux, à l’instar des chiens marquant de leur urine leur territoire. Or une nouvelle signature apparu de nulle part sans que personne n’en connaissent l’origine. Elle se composait de suites de chiffres et d’initiales sans logique apparente. Il s’agissait en fait d’une formule d’un composé chimique révolutionnaire, un produit synthétique très proche de la peau humaine qui aurait rendu la greffe et la guérison de certaines affections extrêmement faciles. Son inventeur, fatigué par ses recherches n’avait pas trouvé mieux pour tenter de répandre sa découverte.
Particule n°74
Le 15 juillet 2007, Marcel D., cadre dans les assurances, célibataire endurci à cause de ses yeux chafouins et de sa mauvaise haleine, prenait le RER A direction la Défense. Il ignorait, et ignore encore que c’était son jour de chance. En effet, s’il avait abordé n’importe laquelle des passagères de son wagon ce jour-là, elle aurait été immédiatement d’accord pour coucher avec lui le soir même. On suppose que ce phénomène rarissime est dû au mélange des phéromones de monsieur D. et des différents solvants utilisés pour la maintenance des banquettes. De plus, les passagères du wagon étaient toutes exceptionnellement jolies et ouvertes d’esprit.
Malheureusement, Marcel D. était trop mal dans sa peau pour imaginer de parler à une inconnue. Il laissa passer une chance qui avait une probabilité inférieure à 0,00001% de se reproduire. On notera au passage que si une telle opportunité se présentait à nouveau, Marcel D. aurait 100% de chance de passer à côté une seconde fois.
Particule n°73
On découvre souvent des sens cachés dans les logos et identités visuelles, de manière fortuite ou placées là à dessein. Un cas extrême fut celui d’une petite compagnie de transport installée près de Philadelphie dont le logo -inventé par le fils du PDG et réalisé par un ami graphiste- incluait par accident un double-pentagramme inversé et les trois glyphes secrètes du démon Sh’grrth. Le logo, multiplié comme il se doit sur une multitude de supports rendit l’invocation si puissante que le démon ne tarda pas à se manifester. En l’espace de trois mois, l’entreprise subit tant de revers autant physiques que financier qu’elle mis clé sous la porte avant qu’il ne reste plus aucun personnel vivant. Il est curieux de noter qu’à deux tracés près, l’invocation aurait été dirigée par Beh’wéal, démon spécialisé dans le trust financier et la propulsion sociale.
Particule n°72
L’impression de déjà-vu est une expérience troublante, qui reste encore difficilement explicable. Les plus mystiques parlent d’une résurgence de vécu antérieur, les plus rationnels expliquent cette impression par la capacité du cerveau à identifier des schémas connus et à tenter de les rapprocher d’un élément déjà connu en mémoire.
Mais vous le saviez déjà, n’est-ce pas ? Puisque vous aviez déjà lu cette particule…
Particule n°71
Le 6 septembre 1987, dans les locaux de Météo-France était testé un supercalculateur programmé pour simuler les mouvements climatiques sur une période et sur une aire jamais atteinte jusque là par un ordinateur. Le programme avait mis trois semaines avant de cracher ses résultats sous forme de cartes météographiques représentant les mouvements nuageux sur sept jours, du 10 au 17 septembre de la même année. Les six premiers tirages furent conformes aux attentes des spécialises. Le septième en revanche montraient des nuages en forme de flèches, semblant dessiner un parcourt. Les programmeurs, très déçus reprirent leur programmation à zéro. Le 17 septembre 1987, à Rousset-sur-Saône, au 17 de la rue Aristide Briant, lieu de convergence des flèches nuageuses, madame Yvette Constantini, diseuse de bonne aventure à la retraite, fut une fois encore déçue de prendre son thé toute seule.

